jeudi 5 juin 2008

Sérendipité ancestrale ?

Enivrement discret, au Belvigne 2005 (quel nom !), aussi invisible pour les autres que moi mais qui délie la langue et les doigts, permettant la recherche de l'écriture salvatrice (in)volontairement oubliée.

*

Que de joie, de surprise, de bonheur inattendu par ce simple constat : admis. Une nouvelle vie qui s'annonce, s'amorce, se décide en tâtonnant, ne sachant trop que la dépendance est source des pires conflits. Quel heureux évènement (hasard ?), mais quelles questions ainsi soulevées ! Comment ? Où ? Quand ? Combien et combien de temps ? Puis : Où ? Combien de temps ? Comment ? Les même questions, pour chaque année à venir, encore du... temps ?
Malgré tout, c'est bien le moins, je suis heureux, et persuadé (et celui qui persuade) du bonheur à venir.

*

Inquiétude et tristesse, puis réconfort. Savoir que la Chance continue (elle aime qu'on lui voue un culte et a raison) et ne fait pas défaut, qu'elle suit nos désirs, nos craintes, nos peurs mêmes, et nos aspirations les plus secrètes. Encore pour longtemps j'espère, de si belles étoiles veilleront sur la... lignée ?

*

Une autre, peur, plus triviale en apparence, mais si difficile à supporter, à cacher, à subir. Celle du désir, irréfragable (et les mots n'appartiennent qu'à ceux qui les utilisent, pas à une pseudo-élite auto-proclamée) et honteux, qu'en cherchant à minimiser, à cacher, on finit par craindre d'oublier. Et si ce corps et cet esprit en venaient à se concilier et trouver dans la dichotomie une solution : celle du néant. En y pensant je crains la suite, comme je crains actuellement chaque futur proche et chaque présent.

*

Et sinon, toujours dans un autre registre - car il y a tant à dire tant il y eut d'absences - les autres hésitations. Que faire ? Que dire ? Ai-je envie d'assumer une charge pour la simple joie d'afficher mon bonheur ? Je n'aime pas le stress, fléau urbain et moderne qui m'a atteint après tant d'années passées à l'éviter. Tenter le diable, est-ce raisonnable ? La Chance veille, mais, encore une fois, pour combien de temps ? Et comment ? Car elle a ses raisons que ma raison ignore - et même ma déraison. Et si elle était ma déraison ?

*

Une (énième) fois n'est pas coutume, j'affiche gaiement ma gueule pour ceux qui - au hasard, on le retrouve - viennent s'échouer ici. L'éthylolémie (silence ! j'invente !) bientôt en berne, je profite de ces derniers instants bloggesques d'insouciance !

Bientôt un an (je change !)
Et les autres, aussi...

mercredi 6 février 2008

AnalyTICs II

La série des mots-clés bizarres revient, et comme je ne veux pas être le seul à en profiter, j'en fais part aux lecteurs de passage. Je ne comprends toujours pas comment Google a pu me mettre en résultat pour certaines de ces recherches... Enjoy :

- waiting evtouchenko (Evgueni Evtouchenko, ok, mais pourquoi waiting ?)
- you tu vu (origine de mes visites japonaises ?)
- pute (à cause de la France j'espère)
- petit patapon françois gros cv (tu l'as vu mon gros CV ?)
- patapon nul ; patapon coincé ; patapon inaperçu (merci Google...)
- miné en k way (miné oui, en K-Way mouais)
- copinage au travail (comment ont-ils su ?)
- C17 H21 N0 O4 (quelqu'un qui s'est gouré dans la formule en plus)
- est ce que les enfants d'un bàttard sont aussi des bàttards ? (avec une belle faute)
- la rate du corps humain (mais encore ?)
- pourquoi rien au toucher des os des pieds et des doigts j'ai mal (aucune idée !)
- un enfant qui mangent haram (avec une belle faute aussi)
- etc., etc.

La liste est encore longue. Encore une fois, ce sont majoritairement les extraits de poèmes, de chansons, et d'auteurs qui ramènent les gens. Mais j'ai également les gens cherchant des informations sur Berlin (Oranienburger Tor en particulier), sur LLG et l'HK, sur la douleur et l'amour.
Deux recherches me font particulièrement peur : blog fond d'ecran jeune femme tournai (c'est louche !), sky blonde (je ne veux rien avoir à faire avec ce genre de personnes) et... blondinet nu (si je commence à attirer les pervers de la même manière sur le Net que dans la rue je suis mal barré)

D'autres encore peut-être bientôt.

*

Let's have some change

Le Philosophe, Rembrandt

Plein de changements à venir. Heureux en toute logique.
Des inscriptions, des concours, des examens, des validations, des dérogations,... du papier. Beaucoup de papier. Trop.
Mais également un déménagement, de plus en plus proche. Je sais que c'est la seule chose sûre et intelligente que j'ai à faire dans les prochains mois. Bien sûr, il y a les projets professionnels, il y a l'ambition dont je ne dois pas me départir, au risque, selon les autres, de me retrouver le nez dans le ruisseau. Mais celle-ci, cette volonté de mener à bien un projet professionnel, doit se calquer sur mon principal projet : celui d'être heureux, maintenant et pour les années à venir.
Et ce n'est pas incompatible.

Aidé ou non, j'y arriverai. Voilà au moins une certitude - et elles sont rares chez moi. J'y arriverai car je ferai tout ce qui est possible pour que cela marche. Donc je démarche.
Je n'ai pas la prétention de me croire quelqu'un de bien, ni quelqu'un de brillant. Je suis sûrement plus insouciant que la plupart des gens, mais cela me convient. Je le trouve triste, ce monde de souciés. Etre prévoyant, vouloir réussir sa vie, ne doit pas se faire par le sacrifice de celle-ci. Et il me paraît incompatible de vouloir le bonheur (le sien et celui des autres) en sacrifiant ce dernier sur l'autel du travail, sur l'autel du gain matériel. Travailler plus pour gagner plus, j'en ai des cauchemars.

J'ai fait l'erreur, un jour, et je l'ai répétée, de dire « je veux être » plutôt que « je voudrais être ». Et depuis on me poursuit pour cela. Ce que je sais, maintenant, c'est que, oui « j'aimerais » travailler dans ce monde de la Presse, qui m'attire. Mais je sais aussi que ce n'est pas la seule voie. Travailler dans la Culture me plairait aussi, travailler dans l'Edition aussi. Il est fini le rêve de devenir Journaliste (avec un grand J, notez). Je veux tout simplement travailler dans un domaine où j'aurai l'impression de faire cohabiter passion et travail. Maintenant que j'ai compris qu'un Journal ce n'est pas que celui qui rend des articles, j'ai aussi compris que l'on peut envisager d'autres voies. Et je refuse dans ce cas de m'accrocher désespérement à un seul projet - qui risquerait de m'apporter plus de déceptions qu'autre chose.
Et s'il le faut, pourquoi pas de l'Histoire ? Est-ce parce que l'Etat inique dans lequel j'évolue condamne l'Université qu'il faut que, moi aussi, je crache dessus ? Non, je crois dans l'enseignement qui nous est donné, je crois dans le savoir que l'on nous transmet, et ce malgré les nombreux bâtons que l'Etat fiche dans les maigres roues de la Fac.

Bref. Tant de choses à dire et que je n'arrive pas à formuler de manière suffisament claire pour être compris. J'aimerais être vu autrement que le parasite que je parais être. La peur d'être, ou de paraître être, un raté m'obsède, et me musèle.

Je sais que l'on ne peut plus être un clochard céleste, un ange vagabond, ou tout autre solitaire sillonant les routes. Ce n'est de toute façon pas mon projet. Je suis juste un homme (?) simple avec une idée simple : être heureux.

*

mardi 11 décembre 2007

Qu'est-ce t'y onère ?

Bon, comme je m'accorde une petite pause dans mon (harassant) travail, j'en profite pour faire suivre cette chaîne que Ivöle (allez voir sa boutique !) m'a sommé insidieusement de transmettre. Comme pour une fois c'est pas chiant comme questionnaire, je m'y attelle sans trop renâcler.


Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
"pour que s'ouvre le tribunal de sang"
("Je dis adieu aux autres thèmes", Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne, Pablo Néruda)

Sans vérifier quelle heure est il ?
15h

Après vérification ?
15h29

Avant de répondre à ce questionnaire que regardez vous?
Mon chat qui se nettoie

Quels bruits entendez vous à part celui de l'ordinateur?
Mon chat qui se nettoie

Quand êtes vous sorti pour la dernière fois? Qu'avez vous fait?
Ce matin pour prendre le train et rentrer chez moi.

Avez vous rêvé cette nuit?
Oui, j'étais avec ma chérie et on croisait une de mes amies que je n'ai pas vue depuis longtemps mais qui me disait qu'elle était pressée.

Quand avez vous ri la dernière fois?
Ce matin, en voiture, en voyant un nom de ville/village complètement absurde.

Qu'y a t'il sur les murs de la pièce dans laquelle vous êtes?
Des affiches, des foulards, des drapeaux, quelques photos, des pages de journal, et une carte de l'Europe du National Geographic.

Si vous deveniez millionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez?
Un super appartement à Lille.

Quel est le dernier film que vous avez vu?
"James et la Pêche Géante"

As-tu vu quelque chose d'étrange aujourd'hui?
Une dame qui m'a offert des nougats dans le train

Que pensez vous de ce questionnaire?
A quoi bon ? (:

Aimez vous danser?
Quand personne ne me regarde, ou que je ne suis pas en état de prendre conscience de mon ridicule, oui (:

Quelle est la dernière chose que vous avez regardé à la télévision?
Le DVD des Nuls, l'Intégrule

Quel serait le prénom de votre garçon si vous en aviez un?
[Ne se prononce pas]

Quel serait le prénom de votre fille si vous en aviez une?
[Ne se prononce pas]

Que portez vous?
Un jean propre (c'est important), un T-shirt manches longues (noir) et des chaussettes (noires)

Quelles sont les 4 personnes qui "doivent "prendre le relais sur leur blog?
Ceux qui en auront le courage et/ou l'envie (refuse de balancer des noms)

Bon voilà, je remets ce post vu qu'il semble que j'ai eu quelques problèmes de mise en page hier (et que je n'y ai rien pigé). Voilà, voilà...

vendredi 23 novembre 2007

AnalyTICs

J'me fends d'une p'tite note, comme ça en passant, pour me marrer.
J'ai une occupation, qui m'amuse, c'est de voir un peu ce qui amène les gens sur mon blog, et qui sont ces gens. Grâce à Google Analytics je sais tout de ça. Alors pour vous faire partager mes découvertes, je vous offre un p'tit aperçu de ce que j'apprends :

Les mots-clés :
Généralement ce sont des choses que je comprends assez facilement, des paroles de chanson que j'ai citée, le nom d'un artiste, mon nom/pseudo, etc. mais certains me laissent pantois. Qui a pu chercher cela ? Et pourquoi cela l'a-t-il ramené sur mon blog ? Quelques extraits :
- voir les dessins du concours hector et lola
- se mentir à soi, se croire malin
- paris-bordeaux-en-vélo
- comment s'appelle les deux parcs de berlin
- cicatrise des clochards
- des milliards de messages emillio pacull
- ouvrier du chateau rauzan segla video
- panda-caméléon
- etc.

La provenance :
Les visiteurs sont généralement issus de France mais on compte 18 pays de connexion : France, Luxembourg, Belgique, Etats-Unis, Brésil, Grèce, Turquie, Allemagne, Royaume-Uni, Suisse, Canada, Pologne, Suède, Russie, Japon, Norvège, Maroc, et Chili.
En France, les connexions proviennent de 57 villes différentes, grandes comme petites, et souvent inattendues (j'ai découvert des bleds dont j'ignorais qu'un tel nom puisse exister)

Le profil :
Un peu plus de la moitié des internautes visitant ce blog utilisent Firefox, un peu plus du quart Internet Explorer, et le reste se partage Safari, Mozilla, Konqueror, Opera, Camino et Netscape (là aussi, je découvre des navigateurs dont j'ignorais l'existence)
Quant aux OS : 84% utilisent Windows, 13% utilisent Macintosh, et seuls 3% utilisent Linux (en gros). Conclusion : peu de g33k visitent ce blog (:
[ Sinon, je peux aussi vous apprendre que près de 87% des internautes ont 32 bits pour couleur d'écran, que les résolutions d'écran les plus retrouvées sont 1280x800, 1024x768 et 1280x1024 (mais on en retrouve 11 autres également), que la plus grosse partie des internautes possède la v.9 de Flash (avec variations), et que seul UN visiteur ne prenait pas en charge Java (ah ah !) ]
Point positif : 71% des visiteurs reviennent (:

Interesting, isn't it ?

*

PS : Vous pouvez vous moquer de mes occupations, allez-y (: (J'en vois qui rigolent dans le fond, faites gaffe, vous êtes fichés !)

*

Do you hear me ?

7 Avril 2007


C'est vrai, je n'écris plus. Je ne dessine plus. Ne pense plus ?
Je me cherche, j'essaie de concilier ce régime spécial qu'est le mien avec ce que l'on attend de moi. Considérer mes devoirs envers tous. Considérer ce que je veux vivre pleinement à présent. Il n'y a pas d'erreurs, je le sais à présent. Je dois juste tout faire pour ne pas - comme à mon habitude - tout détruire. Réussir, réussir, je sais pourquoi à présent. Il n'y a pas de but mais une envie, celle de pouvoir continuer. Et tant pis si je dois être le seul à le savoir.

Tout passe au-dessus de moi, tout, et je m'en contrefous. Cela me désole. Tristement. Non pas que je sois devenu cynique au plus haut point, loin de là, seulement je vagabonde et pense d'abord à l'endroit où je mets les pieds, de peur de chuter. Finies les nocturnes évasions avec de diurnes amis, je suis devenu usagé. Non, pas usager. Non, pas en colère. Ceux qui luttent sont ceux qui vivent. N'est-ce pas ? Alors j'applaudis et profite de cela pour me consacrer. A quoi ? A moi, et à toi, naturellement.

Sera-ce l'année où la leçon sera donnée ? Où l'insolente chance sera un leurre pour mieux me faire réaliser l'importance de l'effort, mieux m'encourager à persévérer dans chaque acte qui ne soit pas l'émanation d'une maladive flemme ?

I hope Not.

I've done my job

*

mercredi 24 octobre 2007

Unlocked

Tout d'abord, un peu de copinage/publicité pour un jeune talentueux dessinateur (ou plutôt graphiste), avec un pied aux Etats-Unis, l'autre en France, j'ai nommé Christopher Hittinger. Sa BD (ou roman graphique) intitulée Jamestown retrace l'histoire de la première colonie anglaise sur le sol américaine ; et elle est disponible depuis aujourd'hui.
Et vous pouvez voir son site (en français ou en anglais) avec son CV et ses différents projets/publications juste là : www.ChristopherHittinger.com



Jamestown, Ch. Hittinger (2007)
© Christopher Hittinger & The Hoochie Coochie

*

Et sinon, que du bonheur ! Relativement j'entends.
Des explications, qui peinent, mais permettent de mieux comprendre, de mieux appréhender également. Et de se déségocentriser (inventons !) au profit de ce Nous que je chante, priant - et, comble de cela, en y croyant - pour enfin être utile. Y croire, sans même vouloir y croire, y croire tout simplement, parce qu'on n'en voit pas l'alternative (et que, a contrario, on ne veut pas en voir). Vivre tout simplement. Non pas vivre en je-m'en-foutiste convaincu, non, vivre en profitant du bonheur présent et en cherchant par tous les moyens à le préserver. Aimer.

*

En esquissant un oeil de relecture, on se dit que l'on fait bien de ne plus écrire. Publiquement du moins.

Sinon, je m'endors avec cette phrase en tête : « Whoso would be a man, must be a nonconformist » R.W. Emerson [le philosophe poète du XIX°, pas l'homme de ménage], Self-Reliance, 1841

*

mercredi 10 octobre 2007

Lost Control


Enjoy the Silence. Tu parles ! Longs silences, phrases lapidaire, mots jetés, hésitants. Craintifs. D'abord les pleurs, d'abord la peur. Le coeur qui n'en peut plus de (se) battre. Errances nocturnes. Puis, le retour. Retour vers l'âtre. Vers les sourires, les rires. Et cette confiance. Cette envie d'y croire. Châleur, de ta voix, de ta plume, de ce bientôt-là.
Et j'y crois. On se bat, à deux. Et on y arrivera. Et sinon on recommencera. Y a plus de fatalité. Juste nous, c'est tout - et c'est déjà pas mal, non ?

*

D'autres retours, pluvieux. Déambulations sans autre but que... que quoi ? Contemplation d'une blonde qui se consumme, dédain d'une blonde qui se consomme. S'amuser de voir sa tête dégouliner sur ses pieds, fondre dans la rue et se fondre dans la foule. Se jouer des flaques comme des mots : maladroitement, avec un manque de maturité évident.

Et l'angoisse. Repenser à ces rêves qu'on commémore, à ces trains qu'on repère, à ces moi, à ces eux, ces elles et à ce toi, sans jugement, mais de l'appréhension. Puis comprendre. Comprendre ses erreurs, comprendre la force de l'autre, comprendre ta force, ton envie, et surtout ton courage. Vouloir se taire, vouloir cesser de parleblesser.

Mais se coucher, plus serein. Voir la lumière au bout du tunnel. Ce n'est pas une NDE, mais ça y ressemble. Croire mourir pour mieux sourire. Pourquoi pas ? On savoure si bien ce que l'on croit avoir pu perdre.

*

mardi 25 septembre 2007

Gimme Adénosine



Enfin, enfin fini cette douleur. Bien réelle - physique, je veux dire - celle-ci. Comme à l'agonie des os, des muscles, des articulations, de ces milliers de petites choses qui font du corps humain une si fantastique machine à souffrance. Et pas seulement celle des autres. Mais un génie, aux mains expertes, semblant saisir, d'un seul coup de son oeil averti, l'ampleur du problème. Et le voilà qui pétrit, jouant comme avec un pantin désarticulé d'un corps malmené. Et en apothéose extasmatique le voici qui libère le Tout. Et je me sens flotter, déchaîné, au sens le plus propre - et le plus libre, donc - du terme, capable à nouveau de m'user les lombaires sur des routes infinies, des trottoirs trop salis.

*

Trottoirs, d'ailleurs. Que lui lança-t-il ? « Arrête ton Char, René !» Et les voilà qui s'esclaffent, et moi avec. Quels célestes clochards, décidemment ! Il me dit que ça lui fait une belle cicatrice. Beautiful Scar ? Je ris tout seul, et m'en excuse. Mes pseudonymes seraient-ils toujours si à-propos ? Non, ce n'est pas une belle cicatrice, c'est la barbarie du monde qui y est contenue. Comme dans toute blessure que l'homme (ou ce qu'il en reste) inflige à l'homme.
- Rien à dire, je suis un grand naïf. J'imagine toujours qu'il y a une limite à la bêtise humaine, il n'en est rien. Une fois, n'était-ce pas déjà trop ? Il semble que non, pour certains, dont la substantifique moelle se rapproche de celle des bivalves. En plus violents. Et le voilà, claudiquant, tenant - si dérisoire - ses côtes d'une main, et se massant la tempe de l'autre. Envies de meurtres. -

*

Rien à dire, en fait, juste des bribes de moi - surtout des autres en fait - que je couche ici puisque n'ose plus toucher au carnet. J'en profite (sait-on jamais ?) pour le dire : fais attention à toi bordel ! Que ce soit de ton gré ou non, force-toi ! Résiste à toi-même !
Et sinon : j'attends.

*

lundi 24 septembre 2007

Enjoy the Silence

Je suis repassé voir Saïd « Kabylou », et son Onc' Fernand, le va-nu-pieds, au sens propre - ou sale, c'est selon - du terme. Toujours cette tristesse dans les gestes, mais une joie de s'exprimer. Kabylou a vu Dujardin et Lamy prendre leur scooter, il leur a serré la main et leur a parlé, et ça ensoleille sa journée. Et la mienne. Il voudrait que je sois serveur « par exemple », pour ma gueule à recevoir des pourboires. J'ai sa bénédiction.

*

Le temps d'une morsure. D'une mort sûre.
J'ai eu à faire avec une putain de réminiscence. Bordel ! Pourquoi à ce moment là ? Je m'analyse, tout seul, comme un grand. Et je trouve des réponses. Pas des excuses. Mais j'en tire des certitudes. Certitudes d'une mort, d'un côté. D'une renaissance, de l'autre. Et je dis : tant mieux. Je vis au jour le jour mon bonheur, contemple le chemin déjà accompli et rêve de celui qui reste à accomplir. J'aime les chemins, je te l'ai déjà dit, non ? J'adore celui qui se profile.
Mais oui, finis les haut-le-coeur, fini tout ça. Place au printemps (j'emmerde l'automne).
Bordel, I need some sleep, l'est loin le temps maintenant. Place au chant, au loin le vague-à-l'âme. Je ne suis ni Rimbaud, ni Verlaine, et n'aurai jamais la prétention d'être poète, alors finissons-en avec les atermoiements déplacés !
Merci, merci d'être fossoyeuse d'un temps pas assez passé. Merci, merci d'être l'innocente instigatrice d'une joie sans cesse renouvelée. Désolé aussi, de ne pas forcément pouvoir être celui qu'il faut (faudrait ?) tout le temps.

*

Plus léger, plus alarmant ? Je commence réellement ma vie de fâkhiste, fâkhin, avec peur et reproches. Méandres d'une administration péniversitaire, ou unitentiaire, au choix. Non, je plaisante, ce n'est pas le bagne. Mais comme j'aime à le dire : « Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate » Peu de chances de pouvoir faire du Teuton, à mon grand dam (et pas qu'au mien) et un emploi du temps plus contraignant qu'autre chose (comment ça c'est moi qui l'ai fait ? Et quand bien même ?). Je reprends déjà mes marques, mes lieux, sans venir à en pisser sur les réverbères (encore que...) je fais le tour de mon fief, qui s'étend de Bel Est aux contreforts de Neuilly. De même pour le Nord et le Sud. En haut comme en bas (c'est le business qui décide, écoutez Rapaces, ignares !)

*

Blague à part, mon éclectisme sauvage se trouve nourri de nouvelles sensations, parce que nouvelles écoutes. Je n'aurai jamais (suis-je bien Français ?) l'âme musicale de certains. Mais comme tout clampin, je vibre au son de telle ou telle voix, tel ou tel riff, et je peux - oui, cela m'arrive - me laisser transporter. Ainsi soit-il. Et je prie pour continuer à (toujours) découvrir de nouvelles choses, de nouveaux sentiments musicaux, voir jusqu'où l'esprit peut aller.

*

jeudi 13 septembre 2007

Marcher pas droit

© D.R.


Ethyloscopie...
Les hommes que j'aime vivent en bas de chez toi, de chez moi. Sous le porche, dans le parc, sur un banc. Ils connaissent la rapine comme la bonté, sont anar' à leur manière, et jamais n'oublient la galère.
Y a René, René et son RMI qu'il ne peut toucher, dépouillé et molesté par de jeunes barbares sans scrupules, qui brisent corps comme vies. René qui ne mange pas - sauf quand on l'y force - et qui fait très mal la manche - ce timide n'aime pas demander.
Y a aussi Eddy, qui s'en est sorti, et revient voir les autres, car il n'oublie pas, il n'oublie pas Jean-Jean, qu'était conducteur avant son accident, Amar le Omar, le vieux, le patriarche, Kabylou, qui a connu l'Algérie, Kabylou qu'est comme Voltaire, il croit à Dieu, pas à la religion. Et puis les autres.
Y a aussi Sheriff, qui s'est fait pincer. Puis y a Phiphi, Phiphi qui s'y connait lui, qui aime bien l'histoire, celle avec un grand H, Phiphi qui revient des fois, le troisième larron à patte folle. Et tout ça vit de rien, d'un peu de bonté, surtout de pitié - quand ce n'est du mépris. Et ça vit d'histoires aussi, des histoires de rien, des histoires de broutilles aux grandes histoires, celles de la vie, de leurs vies (car ils en ont plusieurs).
Et on arrose tout ça de mauvais vin, en essayant de ne pas gerber. On échoue. Et nous voilà à errer - déchet - et à cracher sur cette sinistre ville qui broie et broie. Dégoûtant la puritano-pudibonderie bien-pensante des fourmis métropoli(té)tanisées qui prefèrent détourner le regard. S'offusquant de l'ébriété, jamais de ce qui y a amené. N'y a-t-il pas plus abject ? Le Darfour, l'Irak, les enfants-soldats, le gaspillage global de cette putain de globalisation. Et plus près, les Mothron, les Vanneste,... les gens sans logis ?
Mais il fait nuit, voilà le moment de se coucher. Dormir, c'est mourir un peu. Surtout dans la rue. Et voilà les anges de sortie, ceux qui y croient, en l'homme. Ceux qui nous relèvent, comme Naja. Et son fils, Zacharie, qui du haut de ses 13 ans est aussi bon que sa mère. Naja, qui me fait penser à Dounia Bouzar pour sa verve, son sourire. Et son ami, l'inconnu Chypriote - Chypriote Grec, il y tient - qui est là, lui aussi, et c'est déjà beaucoup. Naja de Casablanca, qui m'jure que c'est pas grave si c'est harâm, Dieu m'pardonne. Naja et sa porte toujours ouverte pour son deuxième fils, celui qu'elle connaît depuis une heure, qu'elle nourrit et qu'elle choie... moi.
Et elle insuffle la dignité perdue, elle redonne le sourire, l'appétit, le goût de l'eau - d'où celui de la vie. Elle appelle, elle prend des nouvelles. Moi et René. Naja et Moi. On se crée notre chaîne de solidarité, parallèle. On rompt le pain, on partage d'immondes breuvages, d'ultimes bouffées de fumée.
Et on se dit adieu.

*

mardi 14 août 2007

Like a rainbow...

Saint-Denis, La Réunion

Un peu de couleur, ça ne fait pas de mal. D'ailleurs je me rends compte à quel point tout est désespérément noir ici. Je n'arrive plus à écrire, peut-être en est-ce la raison. Je n'écris plus parce que je n'en ai plus besoin. C'est une explosion de couleurs dans mon crâne, et cela, ça ne se raconte pas, ça se vit - pleinement.
C'est donc du bonheur qui survient, à l'improviste. Voilà déjà un mois que je nage dedans. Comment dire que tout va bien lorsque l'on est compris, que l'on reçoit autant que l'on donne, que l'on concilie à merveille vie professionnelle et vie oisive - tout est question d'organisation - et que l'on peut rendre à tous ce qu'on leur doit - si l'argent ne fait pas le bonheur, c'est néanmoins vrai qu'il permet de nombreuses choses. Je me découvre (encore ?) et l'on me découvre.

Des nuits en voiture, tourner à Tournai, l'apprentissage de la vie de Nordiste, des sessions Dub par un ardu Coreux, des parties d'échecs soldées par le mien, des retours enivrés, des pourboires rocambolesques, des soirées qui ne se finissent pas, des clients terrifiés et des collègues amusés, des chocolats en glaçons et des glaces en sirop, des blessures honteuses et d'autres qui se disent peu à peu, des envie de loin, des envies de toi. Un mois déjà. Quel mois, mes aïeuls, quel mois !

Comment reprendre la plume dès lors ? La mièvrerie m'envahit aussi bien que les remords, ceux de n'avoir été suffisamment clair, suffisamment organisé... Mais que sont ces faiblesses de mon être à côté de la joie d'être là, que tu sois là, même si loin.

Je m'arrête là et retourne à mes retards, que je ne rattraperais que trop (tard). Je veux être un aphorisme, une procession. D'la novocaïne dans l'âme. Five seconds pour se deshabiller en roulant et oublier l'éphedrine.

*

©Tapon

jeudi 19 juillet 2007

Ch'teu



Valà, ch'teu dans ta face.
Toi (moi ?) qui ne sais même plus qui il est. L'hère qui erre. Et, bordel, qui ne comprend toujours pas ce qu'il lui arrive. La peur de mal faire, rarement celle de trop bien faire, celle de décevoir car l'on est toujours en deça de ce que les autres attendent (espèrent ?) de nous.

Pour preuve, l'intégration passe par la surprise, celle de n'être pas le
work-addict que l'on pouvait croire (mais comment, moi, ai-je pu faire passer cette image ?) mais un être, et même, un jeune normal. Un de ceux qui vont bouffer au resto, prennent possession des locaux et arrivent en retard, bref, qui a cessé (ou n'a jamais été) carriériste.

Champagne et macarons. Rosé et apéritifs
. Bref, de quoi égayer les longues journées pourtant prélude au retour des longues nuits. Putain de longues nuits. Putain de ces fantômes qui assaillent sans jamais prendre de repos. Putain de toi. Et toi. Et toi. Mais pas toi.

Bref, dire quoi ? Dire le plaisir que l'on a de plaire et de pouvoir céder à une trop douce séduction, à nouveau.

Et revoir le visage tant obsédant sans craquer, remerciant seulement de pauvres dieux qui n'ont rien demandé d'avoir permis que l'amitié puisse continuer. Et espérer que l'on puisse oublier, parce qu'on le veut, et surtout parce qu'on le peut. Faire une sublime alchimie transformant un trop gênant désir en amitié rénouvelée.
Et espérer qu'on saura refaire l'élixir.

Et puis l'attente. Attendre en espérant. En espérant qu'on soit bien celui que l'on croit (mais que suis-je ?) ou être celui que l'autre croit - au moins. Bref, rêver. Rêver de toi en oubliant... qu'il y a moi. Putain. Putain de quoi ?

Tout ça pour dire cela. Et clamer une joie effrayée et le plaisir de s'élever.
Stop that train, I wanna get off...

*

Photo : ©M³

lundi 9 juillet 2007

She once was a true love of mine



Avant la haine, avant les coups
De sifflet ou de fouet

Avant la peine et le dégoût

Brisons-là s'il-te-plaît

[...]
Mais tu m'embrasses et ça passe
Je vois bien

On s'débarrasse pas de toi comme ça

[...]
Je pourrais t'éviter le pire...


Mais le meilleur est à venir

Arf, cette impression de faire une connerie. De faire le mauvais "choix" et d'y foncer tête baissée. Cette impression de se tromper, de le savoir, et de se complaire dans cette tragique erreur. Oh, en fait, ce que j'aimerais être avec toi. Yes I would, if I only could, I surely would...
Alors je ne fais rien. Rien de rien. Je détruis tout petit à petit, minutieusement : du travail d'orfèvre, d'horloger, je démonte - sans l'écrabouiller - un mécanisme que je n'ai jamais compris.

Et je me morfonds, entouré mais seul, préférant ne pas me retrouver dans un lieu terriblement vidé. Je me regarde des Virgin Suicides et je n'erre plus Dans Paris. Je travaille le Dimanche, pour m'excuser de ne pas appeler. Je me défends, je me crée mes impératifs, je me ferme moi-même les portes - et d'ailleurs, c'est Dimanche, elles l'étaient déjà.
Je me réecoute en boucle des Airs qui me rappellent ce que je fus, je chantonne au téléphone que je n'ai pas décroché, et je bois. Non, même pas. Mon frère vient enfumer mes pensées. Et la chambre. Et je dors.

Et toi, tu ne voudras plus écrire ni répondre, et toi, tu n'écris plus et n'appelles plus. Et toi ?
Et moi j'attends. Je suis la disponibilité même sans avoir le temps de la demander aux autres. Et ça ne m'amuse plus, d'ailleurs, cela ne m'a jamais amusé. Etre odieux sans vouloir l'être, sans même comprendre comment on peut l'être. Jouer avec les autres, à un jeu dont on ne vous a pas fixé les règles. Alors, forcément, on vous accuse d'y jouer, mais vous n'avez pas compris que c'était un pion que vous aviez en main. Et je deviens un bâtard sensible. Ouais, comme les autres, là.

Et je finis par écrire n'importe quoi. Alors que d'autres font l'effort d'y répondre. Je pourrais être interessant. Y a matière à cela : les conflits d'interêt au sein des grandes rédactions vus de l'intérieur, la mixité et la laïcité au sein de la République avec entretiens à la clef, les œuvres du Musée d'Orsay et la fantastique fondue au chocolat quand on est imbibé de blanc, les récits de voyages mondains au sein de la crème, les journées qui n'en sont plus lorsqu'elles ont délaissé tout cohérence horaire, etc.
Mais tout ça, je le comprends déjà, je le vis et je le comprends. Alors je n'en parle pas - ou plus, parce que je n'y arrive pas. Je ne peux plus parler que de ce qui m'échappe, parler sur rien en somme. Ou sur moi. Ce qui reste sensiblement la même chose.


*

Away, I'd rather sail away
Like a swan that's here and gone
A man gets tied up to the ground
He gives the world the saddest sound
Its saddest sound

*

Photo : ©Tapon

jeudi 5 juillet 2007

Sound of Silence



Hello Darkness, my old friend
I've come to talk with you again...

Plus vraiment le temps pour quoi que ce soit. A tel point que les seules choses que je puisse faire, j'en oublie même de me le rappeler. L'occasion de se détendre, en bonne compagnie, fut contrariée par mes horaires et mon inénarrable incapacité à me souvenir de ce qui est bon pour moi. Mais sinon, une certaine fierté à évoluer dans un milieu qui n'est pas le mien et qui ne se rend même pas compte que je ne suis pas du sien. Ma tendance caméléon sûrement. Je préfère dire cela que "manque de personnalité". Toutefois, j'apprends. J'assiste à quelque chose d'historique, en soi, et peut-être cela permettra-t-il de fignoler un rapport qui sans cela serait minoritaire.

Pourquoi cette maladresse ? Cette incapacité à s'exprimer correctement. Loin de la tendre timidité que l'on peut excuser, et même apprécier, elle tient plus de la catastrophique nullité dans tout contact - vocal, scriptural, bref, quel qu'il soit. A la rigueur, le silence. Mais même celui-ci me détruit, et détruit ce que j'aime, plus souvent qu'il ne m'aide. Peut-être faut-il que j'abandonne tout espoir de réussir à dialoguer, à créer des liens suffisamment solides pour être considérés comme tels ?
« Et puis tu me manques » Ah ! Pourrais-je un jour cesser de vivre dans le doute, surtout quand celui-ci se construit sur d'invraisemblables châteaux de sable ?

"The question you have to ask is, what are you gonna do now ? [...] You have the choice."

*
Photo : © Nina

vendredi 29 juin 2007

Quam minimum credula apostero

Murmure de la Mer

Hmpfh. Ou approximativement cela. Quelque chose comme une profonde expiration qui peinerait à se faire. "Ca fait parfois du bien de souffler". Mais je ne soufflais pas, je soupirais. De ces soupirs qui ne veulent plus rien dire. Et maintenant, maintenant plein d'alizarines pensées, qui - forcément ? - m'astreignent. Et avec le corps, revient l'esprit à la dérive. Et l'abscons. Le simplet peine à parler... simplement. Le simplet est compliqué. Si, si, on me l'a dit. Je veux bien le croire, ne me connaissant pas, mais diantre, qu'on m'offre mon mode d'emploi !
Mais pour en revenir à cette absurde prose, justifions-nous, et pour cela, servons-nous de Breton, ou de Trotsky (mais pas de Rivera donc) :
"L'écrivain, dit-il, ne considère nullement ses travaux comme un moyen. Ils sont des buts en soi, ils sont si peu un moyen pour lui-même et pour les autres qu'il sacrifie au besoin son existence à leur existence."
Bon, je ne suis pas écrivain, certes, et il ne me viendrait pas à l'idée de sacrifier mon existence pour ce ramassis d'ineptie qui n'ont d'autre fonction que celle cathartique. Mais l'idée est là. C'est bien moi ça : des idées, bonnes ou mauvaises, sans pouvoir les exprimer. Ca m'a fait rater un cas sans hasch, et bien malin qui pourra comprendre un jeu de mots si vaseux.

*

Vu qu'ils sont pas nombreux, j'peux me permettre de remercier tous ceux qui m'ont souhaité une bonne dix-neuvième année, bien que par souci de leur intimité je ne dirai point leurs noms. N'empêche que je les remercie, si, si. Même celle qui l'a fait sans me connaître.

*

Un Paris-Bordeaux en vélo ça vous tente ? Ouais ? Ben on fait la même chose mais en Allemagne, en Septembre, Stuttgart-Berlin c'est à peine quelques centaines de km, et aller à Stutt' ça coûte 15€. D'autres volontaires ? A propos de vacances, moi, j'en ai pas. Donc y a un Parisien qu'est là, qui va continuer à se bouffer les bouffées d'air vicié, les heures de pointe et les vélos qui fleuriront. Ce sera beau, ce sera long.

*

J'aime mon quartier.
C'est bête à dire parce que cela ne veut rien dire. Mon quartier c'est extensible, c'est on ne peut plus subjectif. N'empêche que mon quartier c'est les explosions la nuit, c'est les paumés du petit matin, c'est des épices plein tes narines quand tu descends et des gnons plein ta face quand tu montes, là, un peu trop à droite. C'est un mur des Fédérés, c'est Bel-Est qui rayonne sur le périph', c'est une Piscine qui brouille les communications et attire autant qu'elle les détourne les regards vers ses barbelés, c'est Rachid et son commerce florissant parce qu'il ne connaît pas la concurrence, c'est des escaliers à n'en plus finir et du vert qui se cache en abondance, c'est des bars qui ne connaissent nul repos et des restaurants qui n'ont comme clients que leurs propriétaires - ou la famille du cinquième, c'est la boîte de conserve qui fait son tour sans jamais avoir un usager, c'est une ligne - la plus courte du métropolitain - qui tient plus du jouet que de la véritable rame, c'est un lieu en ébullition où se croisent orientaux de France et méridionaux d'on ne sait où, c'est mon éducatrice itinérante descendante de Béhanzin le dernier Roi du Dahomey, c'est ses bancs tenus nuit et jour, qu'il vente, pleuve ou grêle. C'est la collecte qui n'en finit jamais, c'est l'impasse orientale de Paname, c'est une ville à lui seul, c'est un cheval comme t'en mangeras jamais ailleurs, c'est ma Rue des Ecoles moins prestigieuse mais bien plus vivante quand le sang vient à y couler, c'est des heures d'attente pour un recommandé, c'est des maisons qui côtoient des immeubles, et des immeubles qui sont des maisons, c'est des collines qui fleurent l'anarchie et un cocktail d'issues.
Et ce n'est pas là que je vis.

*

Ca y est, j'y suis entré, sans forcer, dans le jardin de l'idiot, de l'imbécile. Je pense m'y être perdu. Je pense que cela va être dur d'en sortir.

I'm wastin' my time
I got nothing to do
I'm hangin' around
I'm waiting for you
[...]
I feel so lonely
I'm waitin' for you
But nothing ever happens and I wonder

*
Photo : ©Tapon

jeudi 28 juin 2007

"J'peux faire quelque chose pour toi ?"

... "T'attends quelqu'un ?"
Non, c'est bon. Un verre. Non, deux. Et allons-y, allons-on, deux cookies, une flopée de kir, et en avant la fête. Un anniversaire de ratés. De raté mon train, de raté de te voir, de raté de donner mon sang "parce-que-faut-respecter-les-intervalles", bref, une superbe dix-neuvième année qui a commencé hier. Quelques points "positifs", au lieu d'être devant ma copie de concours je suis devant mon écran et mon clavier, encore en calbut à 15h du mat'.
Et puis, bientôt, je saurai mettre au ban les partis politiques, grâce à André Breton, et ça, c'est classe quand même. Et puis, du coup, je pourrai être avec eux ce soir, plutôt que dans un train de nuit, je m'en réjouis d'avance. Deuxième jour et déjà un regain de positivité, finalement, tout cela s'annonce pas si mal. Merci la Belle Blonde Belge. Nan, j'parle pas d'une bière.


La Réunion


*
Photo : ©LHJSN

mardi 26 juin 2007

2002 ?



Château Canon, Saint-Emilion, Premier Grand Cru classé
Château Dassault, Saint-Emilion, Grand Cru Classé
Château Durfort-Vivens, Margaux, Deuxième Cru
Château Haut Marbuzet, Saint-Estèphe, Cru Bourgeois Exceptionnel
Château Lagrange, Saint-Julien, Troisème Cru Classé
Château Langoa Barton, Saint-Julien, Troisième Cru Classé
Château Lascombes, Margaux, Deuxième Cru Classé
Château Léoville Barton, Saint-Julien, Deuxième Cru Classé
Château Malartic Lagravière, Pessac-Léognan, Cru Classé
Château Pape Clément, Pessac-Léognan, Cru Classé
Château Phélan Ségur, Saint-Estèphe, Cru Bourgeois Exceptionnel
Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Pauillac, Dexuième Cru Classé
Château Rauzan Ségla, Margaux, Deuxième Cru Classé
Château Rouget, Pomerol
Château La Tour Carnet, Haut-Médoc, Quatrième Cru Classé
Château Smith Haut Lafitte, Pessac-Léognan, Cru Classé
...

Dix-huit verres pour fêter la fin de la dix-huitième année. Un total de bouteilles à plus de 700€. Des smokings, des p'tits fours, des "Mônsieur",... et tout ça sans le sou. Jouer au riche avec la suffisance du plouc. J'aime !
Un pré-anniversaire de toute beauté, de tout bouquet ! (De jambe, de robe, de tanin, etc.)

Je me vââânte !

lundi 25 juin 2007

Miscellanées III

Sonnenuntergang - par Gaga

*

Commençons par ces admirables paroles de Sillitoe (j'ai enfin accepté de lire La solitude du coureur de fond - et finalement, j'ai bien aimé) que rapporte François Gallix :
Il m'a toujours semblé que le sport ne sert qu'à asservir l'esprit et le corps. C'est la principale arme "civilisatrice" de l'éthique du monde occidental, une façon d'imposer une discipline collective qu'aucun sauvage qui se respecte , comme moi, ne saurait accepter [...] La torche olympique est une flamme de servitude - fuyez-la aussi vite que vous pourrez, cela devrait suffire à vous donner de l'exercice !

Qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas ma flemme légendaire qui me fait apprécier ce point de vue. Je n'ai jamais fait autant d'exercice que depuis que je ne suis plus forcé de faire du sport.
Je cours, pour semer mes poursuivants ou libérer un trop plein d'envie.
J'escalade, pour atteindre des fenêtres fermées ou forcer ma propre maison.
Je nage, pour sentir ma faiblesse, coincé entre les rochers et les vagues.
Je marche, des kilomètres, pour essayer de me perdre dans une ville que je connais trop.
Je lance, le poids de ma rancoeur, du ressentiment, sur des forces trop visibles.
Je danse, sans en connaître les règles, je me fais bouger, sur des rythmes qui n'existent pas.
Je fais tant de choses qui sont celles de l'effort, parfois du dépassement. Ce ne sera jamais du sport. Jamais je ne serai celui qui veut devenir meilleur. Mon corps de gringalet, qui se détruit au fur des nuits blanches et des soirées ethyliques et enfumées, ne sera jamais athlétique. Mon dos détruit, mes os saillants, continueront à pâtir de l'absence de muscles. Et tant mieux.

*

19 ans et un train. J'en ai jamais vraiment eu quelque chose à faire de mes anniversaires. Un p'tit gâteau, un don du sang, un verre avec un ami, cela me suffit. Mais quand même, seul dans un train, y a peut-être plus folichon. Surtout pour aller passer un concours, que je n'aurais - de toute façon - pas. (Surtout si je commence à destructurer mes phrases). Seul à se fatiguer ainsi pour rien. Seul devant une copie que je ne saurai remplir. Seul ensuite dans le train, toute la nuit, rentrer au petit matin, quand tu dormiras.
Il faut que ça s'arrête. Être enfin réaliste. J'suis censé être sensé, non. Mieux vaudrait s'occuper de toute cette paperasse, utile sans l'être, plutôt que s'user les yeux, quand tous les autres les ont enfin tourné vers le soleil de leurs vacances, vers les salles obscures, vers toi, peut-être.

*

Je renoue avec le passé. Je revois des gens, d'autres. Comme tout cela paraît loin. Pas l'impression d'avoir vieilli, mais celle d'avoir raté quelque chose. Au moins les ai-je revues, et moi, dont la mémoire défaillante efface systématiquement les images de ma vie, ai pu retrouver un instant ces moments à la plage ou autour d'un table ensoleillée, ces rires de mégère de derrière une fenêtre, ces soirées qui me furent si néfastes. Tant de personnes. Trop ?

*

Venir, par plaisir. Affronter les ombres de la nuit, avides d'un argent que je n'ai pas. Trouver enfin, annoncer la lâcheté des autres. Puis sentir la fatigue, celle que l'on traîne depuis des jours et des nuits, s'excuser de cela. Vouloir se reposer, simplement se reposer, gésir là, sur le sol. Se faire réveiller, parce que l'on est prétendumment pas bien. Vouloir aider, simplement rendre service, faire quelque chose de ses mains inutiles. Se faire houspiller, parce que l'on devient une victime qui joue la bonniche. Merde ! J'aime ça moi, être utile, je veux l'être. Simplement soutenir et veiller celui s'est enivré, simplement faire disparaître les reliefs d'un repas que je ne prendrais pas, ça ne coûte rien, et ça aide. Mais il ne faut pas.
Non, je le répète, je ne suis pas maso, simplement quelqu'un, parfois, très (trop ?) simple, voire simplet.

*

I wonder how, I wonder why, yesterday you told me 'bout the blue blue sky...

*

lundi 18 juin 2007

Lemon Tree

Un Gné, niais, sur l'épaule - par Ania

Cette fatigue indicible qui semble ne jamais vouloir cesser. On a beau dormir, peu il est vrai, on a cette impression que jamais, jamais plus le corps ne sera celui désiré : vif, fort, prompt,...
On somnole, ce qui n'empêche pas de vivre, mais tout semble vu à travers le filtre trop usé de nos yeux fatigués. Et on se laisse guider, par une sorte de marée, de mots, qui vont et viennent. Prononcés pour qu'on les saisisse, et non pas qu'on les comprenne. Entendre sans écouter, en somme. Et voilà le vagabond - au regard de la loi - traînant ses guêtres - au regard de ses proches - ici et là, mais surtout là-bas. Voyageant sur les chemins du passé, s'arrêtant pour pleurer la mémoire d'hommes, et de femmes, oubliés. La honte, insensée, de n'avoir été là. Mais tu ne le pouvais pas ! Et pour cela, réjouis-toi !
Mais tout cela n'est en réalité qu'accalmie. Avant de reprendre ses esprits, de replonger dans la pénible - mais si passionnante - tourmente de la vie. Se rendre compte, à nouveau, que caro infirma est, que bis repetita placent et qu'on ne peut se fuir tout le temps. Qu'il faut cesser de se mentir, et agir en conséquence, en conséquence de nos actes. De la responsabilité en somme.

Toute sa vie l'on doit d'être un enfant, disait Matisse. Et c'était pas le dernier des cons.

*